canstockphoto21207702

Pourquoi ne traduire que pour le Canada?

canstockphoto21207702Les agences internationales nous demandent souvent de traduire en français sans se soucier du pays où nous vivons. Étant installées à Montréal, nous vérifions toujours que la traduction est destinée au Canada… et beaucoup s’étonnent : « Y a-t-il une réelle différence à l’écrit? ».

En effet, tout le monde sait bien que, à l’oral, le français du Québec est une « variété de la langue française » mais, lorsqu’il s’agit de l’écrit, on tend à croire que tous les francophones s’expriment dans un français « international », normalisé. Or, ce n’est pas si simple, et c’est pour cela que nous proposons des services de « localisation » qui adaptent le texte au pays dans lequel il sera publié.

Certaines entreprises internationales l’ont bien compris et font traduire leur site Web en français et en québécois par deux traducteurs différents. Elles exigent même parfois du traducteur qu’il soit originaire du pays pour lequel il traduit. D’autres entreprises nous demandent d’adapter pour le Québec (de localiser) des sites déjà traduits par un traducteur français. Finalement, certaines, dont Coca-Cola, choisissent d’avoir deux modèles de site différents : un modèle européen et un modèle américain, ce qui s’avère souvent une excellente décision puisque les produits ne sont pas toujours lancés au même moment ni de la même façon sur les deux continents.

Ce billet ne traitera pas des différences stylistiques, pourtant réelles, témoignant de la sensibilité linguistique distincte des francophones des deux continents, ce qui pourra faire l’objet de quelques autres billets, en particulier dans le domaine de la publicité. Il s’agira plutôt de différences plus techniques et plus faciles à identifier touchant à la typographie et au vocabulaire.

Voici donc quelques particularités du français tel qu’il est écrit au Québec.

Typographie

En France, certains signes de ponctuation sont précédés d’une espace : le point-virgule, le point d’interrogation et le point d’exclamation. Or cette espace disparaît au Québec.

Au Québec, les majuscules sont accentuées, on écrit donc l’Égypte. En France, on écrit l’Egypte. C’est vrai pour les noms propres, mais également pour les titres, par exemple, ÉCOLE D’ÉBÉNISTERIE ou ECOLE D’EBENISTERIE.

Féminisation des titres

Au Québec, et non en France, les noms de titres et de profession sont féminisés :

  • une professeure
  • une gouverneure
  • une réviseure
  • une docteure
  • une écrivaine
  • une première ministre
  • madame la haute commissaire…
Organisation du système scolaire

Dans ce domaine, ce n’est pas seulement la désignation des classes ou des diplômes qui est différente, mais toute l’organisation du système scolaire. Le primaire compte une année de plus au Québec qu’en France. Le secondaire y dure cinq ans et est suivi de deux ou trois années au collège (cégep), qui sont sanctionnées par un DEC alors que, en France, le secondaire mène à l’obtention d’un baccalauréat.

  • Baccalauréat – DEC (diplôme d’études collégiales)
  • Lycée – Polyvalente ou École secondaire
  • Licence – Baccalauréat
  • Cours préparatoire – Première année / CE1 – Deuxième année…
Lexique

Pour le vocabulaire courant, à l’oral, les exemples de divergences sont légion. Ils relèvent parfois du folklore, et on peut les trouver sur Wikipédia ou encore sur de nombreux blogues. Cependant, peu de ces termes préoccupent réellement le traducteur…

  • Un dépanneur n'est pas la même chose au Québec qu'en FranceÉpicerie – Dépanneur
  • Portable – Cellulaire
  • Gant de toilette – Débarbouillette
  • Faire les magasins – Magasiner
  • Jardin – Cour
  • Airelle – Canneberge

À l’écrit, les Québécois ont davantage tendance à traduire les termes anglais que les Français. En voici quelques exemples du domaine courant :

  • Parking – Stationnement
  • Week-end – Fin de semaine
  • Charter – Vol nolisé
  • Smartphone – Téléphone intelligent
  • Mailing – Publipostage

Les cas sont particulièrement nombreux dans le domaine de l’informatique. Au Québec, on assiste constamment à la création de nouveaux mots correspondant à la terminologie anglaise.

  • Email – Courriel
  • Spam – Pourriel
  • Chat – Clavardage
  • Podcasting – Baladodiffusion
  • Phishing – Hammeçonnage
  • Chipset – Jeu de puces
  • Cookie – Témoin
  • Laptop – Portable
  • Cloud Computing – Infonuagique
  • Thin client – Client léger
  • Zero client – Client ultra léger

En voici un exemple flagrant!

Au cas où ces quelques exemples ne vous auraient pas convaincus, nous prévoyons publier sous peu quelques exemples d’approches publicitaires différentes.

0 réponses

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *